CONSTA DU SECTEUR DES ASSURANCES PAR HASSEN KHLIFATI
Le président-directeur général du groupe Alliance Assurances, Hassen Khelifati, a dressé un diagnostic préoccupant du secteur des assurances en Algérie, tout en proposant des pistes concrètes pour remédier à ce qu’il qualifie de « piège de la sous-tarification ».
Dans une publication partagée récemment sur LinkedIn, il a livré une analyse approfondie des faiblesses du marché national, mettant en lumière les dysfonctionnements structurels qui freinent son développement, tout en avançant des solutions pour redynamiser le secteur.
Selon lui, les compagnies d’assurances sont aujourd’hui confrontées à des défis majeurs, principalement liés à des pratiques de sous-tarification. Cette situation fragilise leur équilibre financier et érode progressivement la confiance des assurés.
Au-delà du constat, Hassen Khelifati propose une série de mesures techniques pour redresser la situation. Il suggère notamment l’instauration de seuils minimums de tarification pour chaque catégorie d’assurance. Ces tarifs planchers devraient permettre de mieux aligner les primes perçues avec les risques couverts, garantissant ainsi une meilleure viabilité économique pour les compagnies. Autrement dit, les prix actuels des assurances en Algérie ne reflètent pas, selon lui, la réalité des risques supportés.
Le dirigeant insiste également sur la nécessité d’une plus grande rigueur dans le recouvrement des paiements. Il préconise l’application stricte du principe « pas de paiement, pas de couverture », afin de limiter les créances impayées qui pèsent lourdement sur les trésoreries. Il estime d’ailleurs que ces impayés cumulés dépassent les 130 milliards de dinars.
Ce n’est pas la première fois qu’il alerte sur cette problématique. Il y a quelques semaines déjà, il soulignait que le volume des impayés excède parfois les fonds propres des compagnies, appelant à une réforme structurelle urgente pour préserver la stabilité du marché et restaurer la confiance. Il avertissait également que cette situation compromet la solidité financière des entreprises et engendre des retards significatifs dans l’indemnisation des sinistres, au détriment des assurés.
Face à ce constat alarmant, Hassen Khelifati appelle aussi à un renforcement du rôle des autorités de régulation, qu’il juge insuffisamment actives. Il estime que ces institutions doivent intervenir davantage pour encadrer le marché et garantir son bon fonctionnement.
Par ailleurs, il recommande une implication accrue des auditeurs légaux afin d’assurer la transparence et le respect des engagements des compagnies, contribuant ainsi à la protection des investisseurs.
Il plaide également pour une responsabilité collective renforcée, impliquant à la fois les entreprises et les intermédiaires du secteur. Cette approche vise à préserver la valeur du marché tout en favorisant l’innovation et l’amélioration de la qualité des services.
Pour le PDG d’Alliance Assurances, le secteur ne se résume pas à des considérations financières : il constitue un pilier fondamental de la stabilité économique et un levier essentiel pour la sécurisation des investissements.
En conclusion, il affirme que sortir du cycle de la sous-tarification est indispensable pour bâtir un marché des assurances plus solide, plus crédible et durable.

